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"Sport, parentalité et éducation " Compte rendu de la conférence de Saltomag

October 6, 2018

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"Sport, parentalité et éducation " Compte rendu de la conférence de Saltomag

October 6, 2018

« Amitié , respect, excellence »


 

Dans cette conférence basée sur les thèmes de  «l’éducation, la parentalité et le sport » , l’idée est de poser les différentes problématiques que les parents et enfants rencontrent face au sport, grâce aux interventions de plusieurs professionnel-le-s du sport .
 

          Frédérique Bangué , ex-championne du monde et d’Europe d’athlétisme, maman d’une fille, est à l’origine de cette conférence et plus encore, du magazine SaltoMag.        
Très émue d’avoir réussi à réunir ces différents acteurs, on avons pu voir une femme épanouie, émotive, qui sait que le sport à un rôle important tant dans l’épanouissement personnel et plus encore pour l’évolution des enfants.
 

          Sophie Bret Gerbet, championne du monde de karaté et directrice régionale de l’UNSS a pu mettre en avant le rôle fédérateur du sport au sein de l’école. En effet grâce aux cours de sport à l’école, aux associations sportives (AS, UNSS) et aux classes sport-étude, le sport a acquis une visibilité et une utilité publique tant pour la sociabilité des enfants que pour leur santé. Ce premier contact est primordial , même si peu suffisant, et il permet d’intégrer les valeurs d’excellence, de prise de risque, d’engagement, de partage et de respect. Le sport est réellement un vecteur d’éducation qui permet d’intégrer ces valeurs primordiales.
 

          Charles Mercier Guyon a apporté quant à lui , sa vision de médecin afin d’accompagner et de protéger ces « petits êtres en devenir » . En effet si le sport est bénéfique, il ne faut pas plonger dans le sur-entrainement. A partir de +6h/ semaine, l’entrainement est considéré comme intensif et il faut faire  attention aux points de fragilité : articulations, cartilages, développement pubertaire et psychologique peuvent être altérés. La croissance des enfants, la prévention des micro-traumatismes, la gestion de leur stress sont autant de points à prendre en compte pour faire attention au sur-entrainement.
 

          Caroline Goldman, psychologue clinicienne pour enfants, est intervenue afin de rappeler le rôle du sport dans la construction et l’éducation physique et psychologique des enfants. Le sport leur procure une hygiène de vie , permet une déconcentration de leur égo afin de découvrir un monde nouveau, avec des règles différentes, de nouvelles habitudes, des objectifs… 
« C’est un merveilleux outil disciplinant ».  
L’activité physique chez les enfants permet d’expulser ses tensions, ses tracas , ses angoisses. A la puberté également, on est en proie à des remises en questions énormes, et cette aide éducative permet des « bénéfices narcissiques » hors du cadre scolaire . Si on donne de soi, on récolte les fruits de ses efforts. La sociabilité, le gain de confiance en soi,  l’apparence que l’on véhicule lorsque l'on possède un corps tonique et musclé par le sport, sont autant de points essentiels à une bonne construction psychique. Et si on pratique le sport par plaisir, les tensions s’effacent.
 

          Philippe Liotard, sociologue du sport , confirme que le sport est un outil nécessaire à la construction de soi, mais que les parents ont un rôle à jouer dans l’appréhension du sport de leurs enfants, mais aussi dans leur accompagnement . La société change continuellement, les rôles de chacun  aussi. Les parents d’enfants sportifs ont souvent fait confiance aux éducateurs sportifs, qui maîtrisent le sujet mais ne gèrent pas tout le suivi social, l’accompagnement au quotidien ou l’aspect diététique. Peut-être faudrait-il aussi éduquer les éducateurs sportifs. Trop peu de moyens sont à ce jour mis en place pour ces formations. Par ailleurs le rôle des parents quant au rapport au sport de leur enfant est à surveiller. Utilisent-ils le sport comme une moyen d’émancipation pour leur enfant ou est-il imposé à l’enfant  sous couvert de désirs personnels ?    
Est-ce un désir de pratiquer le sport ou une obligation ?   
De plus la  performance est-elle une finalité (compétition) ou un moyen d’émancipation ? Est-ce plus le résultat social (classement) qui compte ou la pratique en elle-même pour ce qu’elle procure ? 
Il faut  que les parents aient un rôle d’accompagnement et de surveillance de la pratique sans projeter sur leur enfants des désirs inachevés ou une pression. Sport = plaisir . L’accompagnement dans leurs pratiques est utile, surveiller la fréquence et l’intensité, concevoir les repas équilibrés adéquats, être un soutien psychologique sont autant de choses que les parents peuvent faire pour accompagner leur enfant. 
 

        Romain Giroud, diététicien nutritionniste connait bien le cas de la nutrition chez les jeunes     sportifs . On a pu voir des cas d’anorexies chez les jeunes filles qui pratiquent la GRS ou la danse, afin de répondre aux critères esthétiques que le sport peut engendrer. Il faut manger de manière équilibrée et en réponse aux dépenses énergétiques de l’enfant. Comprendre la dépense énergétique de son enfant et prendre en compte les facteurs environnementaux, sociaux sont important dans la nutrition de celui –ci . Souvent une hygiène de vie saine va de pair avec l’activité physique et à mesure que la pratique se régularise, les comportements nutritionnels se modifient.      

          Bruno Breton, spécialiste des réseaux sociaux s’interroge quant à lui, à la place des parents face aux réseaux sociaux dans le monde du sport.    
Les sportifs de haut-niveau, les champions, les joueurs célèbres (par leurs bonnes ou mauvaise actions) ont une influence énorme sur le positionnement, l’engouement des enfants, sur les interactions entre les joueurs et le ressentiment général que génère le sport. Un sportif de haut niveau peut tirer les foules vers le haut, à se dépasser, et encourager de grandes choses, promouvoir des valeurs éthiques, mais peut également prôner des attitudes antisportives, poussant à la violence ou autre comportement déviants. Les parents en revanche ont très peu d’influence sur la consommation que leurs enfants font des réseaux. En moyenne le temps passé sur les écrans est entre 4 et 6h.  De plus 1 enfant sur 2 de -13 ans est sur un réseau social et 1 enfant sur 3 est en contact avec des personnes inconnues. Ces chiffres alarmant montrent qu’il faut peut –être utiliser cette consommation de la part des jeunes, dans un sens optimal , et favoriser les influences positives. Nous avons pu voir la viralité des groupes de « MOM », ces mamans qui se regroupent en communauté sur les réseaux pour échanger . Les sportifs peuvent aussi jouer un rôle dans cette éducation par le sport à travers les réseaux…
 

            Stéphane Diagana,  double champion du monde d’athlétisme, confirme ces propos et nous dit qu’il n’est pas évident, en tant que parent , de trouver sa place dans l’accompagnement de son jeune sportif. En effet, par son expérience personnelle il a pu analyser la place de ses parents dans la découverte de sa passion et leur accompagnement tout au long de sa carrière. Passionné depuis toujours par la course, il s’est d’abord orienté vers le foot, pour finalement se rendre compte que c’est l’athlétisme qui l’épanouissait. Il se dit « piloté par le plaisir » et c’est ce qui l’a emmené petit à petit vers la performance et l’excellence. Et ses parents ne l’ont ni contraint ni poussé dans cette voie, mais ont eu un rôle d’observateur dans ses décisions. Et c’est cette distance, cet espace de liberté bercé de bienveillance, dans sa pratique, qui lui a donné envie d’aller chercher toujours plus loin la performance. C’est donc de manière totalement autonome, puis entouré de spécialistes, que Stéphane Diagana s’est investi dans la pratique afin d’arriver sur les podiums. Etant papa à son tour, il admet qu’il est très important de s’interroger sur pourquoi et comment accompagner son enfant dans la pratique. Pour lui, si la pratique est un plaisir alors la compétition permettra l’épanouissement, réussir à exceller et récolter les fruits de ses efforts personnels.

 Et ce qui vaut pour les sportifs valides est également le cas des personnes en situation de handicap.

            David Smetanine, champion paralympique de natation, nous a interrogé sur l’accès au sport pour les jeunes en situation de handicap. Ancien nageur c’est suite à un accident de la route que David est devenu handicapé.     
Mais cela ne l’a pas empêché de retourner dans les bassins et décrocher de nouvelles médailles. Le sport a même été un outil thérapeutique de sa santé mentale et physique. Savoir s’adapter et permettre aux personnes handicapées de pratiquer est le défi  du comité international paralympique.  Ainsi favoriser l’accès à tous, accompagner dans la pratique et la vie quotidienne ces sportifs demande beaucoup d’investissements et de moyens, tant humains que matériels. De nos jours la visibilité du monde paralympique se développe, grâce aux Jeux Paralympiques et la mixité entre sportifs valides  et non valides tend à se démocratiser . Les handicapés ont autant besoin de la pratique sportive (si ce n’est plus) pour accepter et disposer au mieux de leur corps.         
A l’heure actuelle, les sessions de « sport santé », de « sport adapté » sont des voies royales pour la pratique du sport dans une logique de bien-être, accessible à tous (handicap, malades chroniques, alternatives au médicaments..) Le sport comme outil de sa santé permet de redécouvrir le sport comme plaisir. En tout cas c’est l’accompagnement du sportif qui permettra son épanouissement.
 

         Sébastien Bozon, entraîneur de basket, est venu appuyer ces propos , en nous expliquant le triptyque « entraîneur-parent-enfant ». Cette relation incontournable dans la vie de tout sportif, permet un accomplissement optimal du sportif. En effet entrainement , en club ou association, va prodiguer son savoir-faire, ses compétences de sportif et retransmettre de manière la plus pédagogue possible, la pratique sportive. Il sait par expérience comment faire progresser un sportif. Il a également un rôle d’accompagnateur et de suivi car lorsque le niveau augmente, le temps passé avec entrainement aussi. Et il peut parfois prendre le relais des parents au niveau éducatif ; Ou détecter et mettre en lumières des dysfonctionnement dans la relation parents-enfants (mais son rôle n’est pas d’être assistant social). Les parents quant à eux vont aussi avoir un rôle d’accompagnement et de surveillance de la pratique de leur enfant et de la relation qui est établi avec entrainement. Il faut que le triptyque parents-enfant-entraîneur soit harmonisé et dans le respect des besoins et envies de l’enfant.     
Sébastien Bozon y voit 3 sortes de relations parents-enfants face au sport :

  • Les parents dit lambdas, normaux : qui vont avoir un regard bienveillant, surveillent et accompagnent la pratique de leur enfant pour son bien-être.

  • Les parents dit intrusifs : qui vont vouloir organiser, gérer, pousser leur enfants dans une pratique, sans écouter ou voir les conséquences que cela peut avoir sur leur enfant.

  • Les parents dit absents : qui se disent que c’est l’entraîneur qui maîtrise le sujet et qu’ils n’ont pas à se mêler de ce domaine.

Ces relations sont conditionnés par l’éducation de chacun et les expériences personnelles par rapport à la pratique sportive.         
L’entraîneur se retrouve alors dans une obligation d’adaptation à chaque cas, et la question de sa responsabilité sociale et éducative se pose.

 

 

Suite à cette conférence, les parents présents ont pu également questionner les intervenants :           
Q : Comment faire du sport haut-niveau sans suivre le schéma de la compétition ?

Cette question pertinente est posée par une maman qui pratique différents sport pour le plaisir de la pratique. Son enfant pratique également une multitude de sport dans la même logique. Mais quand il entre en club, il est forcé de rejoindre de équipes « compétition », le sport loisir se limitant finalement qu’aux débutants et à ceux qui ne veulent pas pousser jusqu’à la compétition. Ainsi si notre niveau de pratique en loisir est bon on nous oriente vers la performance et la compétition. N’est-il pas possible d’atteindre l’excellence et la performance tout en restant en loisir ?
 

A l’heure actuelle il est vrai que les clubs et associations, se divisent en loisir ou performance à compétition. La question de la pluridisciplinarité n’est pas encore très développée, même si le « Sport santé »  véhicule la pratique de plusieurs sports dans un objectif de bien-être et de plaisir. Il faudrait permettre à un enfant de pouvoir essayer une multitude de sport afin qu’il trouve celui qui lui correspond ou lui permettre de rechercher la performance dans TOUS les sports en même temps et non plus se limiter à une activité fétiche.

 

Q : Comment donner envie aux jeunes de se mettre à la pratique sportive ?

Et oui, comment donner le goût du dépassement de soi, de la pratique sportive à un enfant qui ne comprend pas les bienfaits physiques , psychiques ou même, n’est pas encore en âge de définir ce qui lui ferai plaisir ?       
Les initiations de clubs et associations sont souvent en même temps, en début d’année scolaire, et une fois ces initiations faites, il doit choisir son sport . Or souvent les enfants arrêtent 3 mois après car ce n’est pas ce qui les animent.
 

Le fait est qu’il faut trouver  une manière ludique et plaisante d’amener les enfants vers la pratique. Les initiations sont un bon moyen d’essayer, les accès à des représentations sportives où se mêlent le jeu et la pratique comme le Hight five festival, les Vital Sports de décathlon y contribuent. Il faut que le sport soit ludique, adapté, et développe chez les enfants une prise de décision, un engagement. Car le sport c’est faire des choix, c’est prendre un risque et affronter la difficulté qui peut être engendrée.         
La dimension sociale que revête le sport est très importante aussi, l’intégration dans une équipe, l’engagement de soi pour le collectif va pousser les enfants à se dépasser et créer des liens forts et constructeurs.

Il n’y a donc pas de méthode toute faite pour donner envie aux jeunes de pratiquer si ce n’est de voir comment il peut être atteint par la pratique, ce qui passe par l’adaptabilité et la compréhension des besoins et désirs de  chaque enfant (jeu, sociabilité, corps tonique, santé, performance..)

 

 

 

 

Compte rendu de la conférence « Sport, éducation et parentalité » donnée par le magazine SaltoMag, le 6 octobre 2018 à l'Impérial Palace d'Annecy durant le "Hight Five Festival"
Rédaction : Mlle BEDEL Camille

 

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